Une vaste opération de vol de vélos, active depuis des années dans le canton de Berne et à Bâle, a été démantelée par les autorités. L'enquête a abouti à un acte d'accusation de 139 pages contre trois hommes, révélant un modèle commercial sophistiqué pour les vélos volés.
Points clés
- Trois hommes ont été inculpés pour des centaines de vols de vélos.
- L'opération s'est étendue sur plusieurs années dans le canton de Berne et à Bâle.
- Les vélos volés étaient rapidement revendus sur des plateformes en ligne comme Facebook Marketplace.
- L'analyse d'un téléphone portable a été essentielle pour révéler l'ampleur des crimes.
- Le cerveau présumé risque une peine de 78 mois de prison.
Des années de vols mis au jour
Le Tribunal régional Berne-Oberland a récemment examiné les détails d'une longue série de vols. Les procureurs ont expliqué comment trois jeunes hommes auraient volé des centaines de vélos. L'affaire, identifiée sous le nom de "O 20 8393", a été entendue en décembre sur le Selveareal à Thoune.
Les accusés sont Florian K., 30 ans, Loris H., 30 ans, et Tiago S., 29 ans. Leurs noms ont été modifiés pour des raisons de confidentialité et en raison de la présomption d'innocence. L'enquête a commencé à révéler la véritable ampleur de l'opération lorsque les forces de l'ordre ont analysé un téléphone portable.
Statistique clé
L'acte d'accusation contre les trois hommes s'étend sur 139 pages, détaillant des centaines de vols présumés.
Opération "Guerra" et preuves numériques
La première piste de cette vaste enquête est apparue en août 2020. Florian K. a été placé sous surveillance policière après avoir été surpris en train de rouler sur un vélo signalé comme volé. Il a été initialement libéré mais est resté une personne d'intérêt pour les forces de l'ordre.
Fin 2022, les enquêteurs ont conclu que Florian K. était à nouveau impliqué dans la vente de vélos potentiellement volés. Cela a conduit à une opération policière majeure nommée "Guerra", qui se traduit par "guerre" en français. Le nom a été choisi en référence au principal accusé.
Le cœur de l'enquête a impliqué une analyse détaillée du téléphone portable de Florian K. Lors du deuxième jour du procès, le procureur a expliqué comment les images de vélos trouvées sur le téléphone ont été recoupées avec les rapports de vol. Cette preuve numérique s'est avérée cruciale.
"Des centaines de photos de vélos, prises à divers endroits, annoncées sur des plateformes en ligne comme Facebook, et rapidement revendues à des prix inférieurs", a déclaré le procureur, décrivant la trace numérique.
Cibler les vélos de grande valeur
Selon l'accusation, les prévenus ciblaient spécifiquement les vélos de marque de haute qualité. Ces vélos pouvaient être rapidement revendus, ce qui indique une stratégie commerciale claire. Les méthodes utilisées étaient constamment similaires dans de nombreux incidents.
Un vélo était photographié, puis volé, et ensuite proposé à la vente sur des plateformes en ligne, principalement Facebook Marketplace. Ce processus rationalisé permettait un roulement rapide des biens volés.
Contexte
Les vols ont eu lieu dans tout le canton de Berne et se sont étendus à Bâle. Cette large répartition géographique suggère un réseau bien organisé plutôt que des incidents isolés.
Rôles au sein de l'opération
Florian K. est accusé de 357 vols individuels, un nombre significativement plus élevé que ses co-accusés. Le procureur l'a décrit comme le cerveau de l'opération, indiquant une claire division du travail au sein du groupe.
Les hommes opéraient souvent par paires ou en trio, adaptant leur approche en fonction des circonstances. Cet effort collaboratif leur a permis de commettre de nombreux vols sur une longue période.
Le ministère public demande des peines sévères
Le procureur a requis des peines substantielles pour les trois accusés. Pour Florian K., l'accent n'a pas été mis uniquement sur les vols de vélos, mais aussi sur une accusation distincte de tentative de vol qualifié violent, qui a été considérée comme l'infraction la plus grave.
Le ministère public a requis une peine de prison inconditionnelle de 78 mois pour Florian K. De plus, une amende de 50 jours-amende à 30 francs chacun, ainsi qu'une amende de 1 000 francs, ont été demandées. Le ministère public a également demandé l'expulsion de Florian K. vers l'Allemagne, bien qu'il vive en Suisse depuis l'âge de 12 ans. Il a déclaré n'avoir aucune objection à cela.
Pour Tiago S. et Loris H., le ministère public a requis des peines de prison de 30 mois, ainsi que des amendes de dix jours-amende à 30 francs. Tiago S. fait également face à une amende supplémentaire de 300 francs. Les antécédents de Loris H. ont été considérés comme des facteurs aggravants dans sa demande de peine.
Allégation de pornographie
Au cours de l'enquête, un chat Viber sur le téléphone portable de Florian K. a été trouvé contenant sept vidéos et sept images de pornographie interdite. Cependant, le procureur n'a pas demandé une interdiction à vie d'activités impliquant des jeunes, citant des dispositions légales permettant de renoncer à une telle interdiction dans les cas moins graves.
Arguments de la défense
La défense de Florian K. a brossé un tableau différent, soulignant sa consommation de cocaïne et une perte de perspective après les premiers conflits avec le système judiciaire. Son avocat a fait valoir que les vols se sont poursuivis principalement pour assurer de l'argent pour les dépenses quotidiennes.
Légalement, la défense a contesté l'évaluation des biens volés. Bien que Florian K. ait admis avoir volé plus de 300 vélos, il a nié toute responsabilité pour les vélos électriques de grande valeur. Son avocat a également fait valoir que les méthodes utilisées n'étaient pas comparables à des cambriolages plus sophistiqués.
L'avocat de Florian K. a déclaré : "Ce n'était pas un cambriolage au Louvre. Ils ont cassé des chaînes avec des coupe-boulons, ont fait de la publicité sur Facebook Marketplace, et c'est tout."
La défense de Tiago S. a mis en doute si les vols attribués à son client constituaient une activité à l'échelle commerciale. Son avocat a également soulevé des préoccupations concernant des erreurs de procédure liées à une accusation de diffamation, demandant une peine partiellement suspendue de 26 mois, dont six mois à purger inconditionnellement, et une amende de 60 francs.
L'avocate de Loris H. a demandé l'acquittement des accusations de vol commercial et en bande organisée. Elle a fait valoir que l'acte d'accusation manquait de détails suffisants concernant les actions spécifiques de son client. De plus, elle a souligné des déclarations contradictoires et insuffisamment étayées des co-accusés, demandant des acquittements partiels.




