Amnesty International Suisse a demandé une enquête indépendante sur l'opération de police de Berne lors d'une manifestation pro-palestinienne qui s'est tenue à la mi-octobre. L'organisation de défense des droits humains allègue que la police a utilisé une force injustifiée et disproportionnée contre les manifestants. Cette demande fait suite à un examen détaillé des témoignages oculaires et des preuves vidéo.
Points Clés
- Amnesty International exige une enquête indépendante sur l'intervention de la police bernoise lors d'une manifestation en octobre.
- L'organisation affirme que la police a utilisé une force excessive et disproportionnée, citant 326 personnes blessées.
- La police a tiré 1 100 balles en caoutchouc, 320 projectiles uniques et utilisé 25 000 litres d'eau.
- La police bernoise maintient que ses actions étaient proportionnées et en grande partie en légitime défense.
- Il existe un écart significatif entre les chiffres de la police et ceux d'Amnesty International concernant les personnes blessées.
Allégations de force excessive
Amnesty International Suisse a vivement critiqué la police cantonale bernoise. L'organisation affirme que les agents ont appliqué une «force excessive» lors de la manifestation pro-palestinienne du 11 octobre. Cette conclusion fait suite à une évaluation approfondie de plusieurs heures de séquences vidéo et de témoignages de plus de 180 témoins.
Beat Gerber, porte-parole d'Amnesty International Suisse, a souligné le nombre significatif de blessures signalées. Selon les conclusions d'Amnesty International, 326 personnes ont été blessées, un contraste frappant avec le rapport initial de la police faisant état de deux personnes blessées. Cette divergence constitue un point central de discorde.
Chiffres clés d'Amnesty International
- Personnes blessées : 326
- Balles en caoutchouc tirées : 1 100
- Projectiles uniques utilisés : 320
- Eau des canons : 25 000 litres
Le volume considérable de ressources déployées par la police a également suscité des critiques. Amnesty International a noté l'utilisation de 1 100 balles en caoutchouc, 320 projectiles uniques et 25 000 litres d'eau provenant de canons à eau. Gerber a décrit cela comme une «énorme quantité de force» qui a eu de graves conséquences pour de nombreux participants.
Des rapports suggèrent également que des projectiles en caoutchouc ont été tirés à hauteur de tête dans certains cas. Ce détail particulier soulève de sérieuses préoccupations quant aux protocoles de sécurité suivis pendant l'opération. Amnesty International a déclaré que des manifestants pacifiques et des passants non impliqués ont été encerclés par la police.
Témoignages oculaires détaillant les incidents
Plusieurs témoignages oculaires décrivent des situations préoccupantes lors de l'opération de police. Un incident a impliqué une femme enceinte qui s'est retrouvée piégée dans un cordon de police. Elle aurait été pressée contre une vitrine.
«Une femme fortement enceinte s'est retrouvée inopinément dans la nasse», a décrit Beat Gerber. «Elle a été pressée contre une vitrine, et ce n'est que parce qu'une vendeuse lui a ouvert la porte qu'elle a pu échapper à la situation.»
Cet incident est présenté comme un exemple parmi tant d'autres documentés par Amnesty International. Ces récits soulignent l'appel de l'organisation à un examen approfondi et impartial des événements.
Demande d'enquête indépendante
Amnesty International Suisse demande explicitement une enquête indépendante sur les actions de la police. Elle suggère qu'un procureur cantonal externe, doté d'une autorité directive, devrait diriger cette enquête. Cela garantirait l'impartialité et pourrait conduire à des changements significatifs dans les procédures policières.
Selon Beat Gerber, une telle enquête est cruciale «pour que quelque chose change vraiment». Le groupe de défense des droits humains estime que sans un examen externe, la confiance du public dans les forces de l'ordre pourrait être érodée.
Contexte de la manifestation
La manifestation pro-palestinienne à Berne le 11 octobre était un rassemblement non autorisé. Elle s'est déroulée dans un contexte de tensions internationales accrues, entraînant un examen plus approfondi des rassemblements publics et des réponses policières dans diverses villes.
La police défend ses actions
La police cantonale bernoise a défendu ses actions, affirmant que l'opération était proportionnée compte tenu des circonstances. Manuel Willi, chef de la police régionale de Berne, a souligné la nécessité de considérer «l'ensemble du déroulement des événements et la dynamique de la situation dans son contexte global».
Willi a déclaré qu'une partie significative des participants à la manifestation non autorisée avait causé des dommages matériels substantiels. Ils auraient délibérément mis le feu et risqué de blesser des tiers non impliqués. Ces actions, selon Willi, ont nécessité une réponse policière robuste.
Allégations contradictoires d'encerclement
Le chef de la police a spécifiquement contesté l'accusation selon laquelle de nombreuses personnes non impliquées auraient été encerclées. Willi a déclaré : «Nous avons constaté que presque toutes les personnes encerclées étaient vêtues de noir.» Il a ajouté que beaucoup ont ensuite retiré leurs vêtements noirs et les ont laissés derrière eux, plus d'une demi-tonne de ces articles ayant été éliminés par les autorités.
La police décrit l'opération comme très dynamique et chaotique, en particulier dans la Schauplatzgasse. Willi a rapporté que les agents ont été attaqués des deux côtés et massivement bombardés d'objets. Cet environnement, a-t-il expliqué, a conduit à ce que certains projectiles en caoutchouc soient tirés à des distances plus courtes.
«Les forces d'urgence ont été attaquées des deux côtés et massivement bombardées d'objets», a déclaré Manuel Willi. «Certains projectiles en caoutchouc ont probablement été tirés à des distances plus courtes.»
Willi maintient que de tels incidents étaient des cas clairs de légitime défense ou d'assistance. Il a réitéré que la police a agi dans le cadre de son mandat pour assurer la sécurité et l'ordre publics.
Disparité dans les chiffres des blessés
La différence significative dans les chiffres des blessés signalés reste un point de discorde essentiel. Manuel Willi a clarifié la position de la police sur cette divergence, déclarant qu'ils ne peuvent signaler que ce qui leur est connu. «Une seule plainte a été déposée auprès de nous ; aucune autre blessure ne nous est connue», a-t-il expliqué.
Malgré cela, Willi a exprimé son accord général avec l'idée d'une enquête indépendante, telle que demandée par Amnesty International. Cependant, il a souligné qu'une telle enquête ne devrait pas se concentrer uniquement sur les actions de la police.
«De notre point de vue, il est insuffisant de ne regarder que les actions de la police. Tous les facteurs et acteurs doivent être examinés», a déclaré Willi. Cela suggère un désir d'une enquête plus large qui inclut les actions des manifestants et d'autres facteurs contribuant à l'escalade.
Perspectives d'avenir
L'appel à une enquête indépendante met en lumière le débat en cours sur la conduite de la police lors des manifestations publiques. Les récits contradictoires d'Amnesty International et de la police cantonale bernoise soulignent la nécessité d'un examen approfondi et impartial pour établir les faits.
Le résultat de toute enquête potentielle pourrait avoir des implications significatives sur la manière dont les futures manifestations sont gérées à Berne et dans toute la Suisse. Il mettra également à l'épreuve les mécanismes de transparence et de responsabilité au sein des forces de l'ordre du canton.




