Berne a demandé une réunion extraordinaire avec la Commission européenne à Bruxelles pour discuter des nouvelles mesures de sauvegarde de l'UE sur les importations d'acier et d'alliages de fer. La Suisse plaide pour une exemption de ces mesures, citant son rôle intégral dans les chaînes d'approvisionnement industrielles européennes et la nature non contributive de sa production d'acier à la surcapacité mondiale.
Points clés
- La Suisse a demandé une exemption des nouvelles restrictions de l'UE sur les importations d'acier et d'alliages de fer.
- Les mesures proposées par l'UE visent à protéger son industrie sidérurgique de la surcapacité mondiale.
- Berne souligne ses chaînes d'approvisionnement régionales établies et sa non-contribution à la surabondance mondiale d'acier.
- Les responsables suisses plaident pour un traitement égal à celui des États de l'Espace économique européen (EEE).
- La Commission européenne, le Conseil et la commission parlementaire s'opposent actuellement à une exemption pour la Suisse.
La Suisse demande un traitement spécial
Les autorités suisses ont rencontré la Commission européenne jeudi pour une session urgente sur le libre-échange. Le principal point à l'ordre du jour était la demande de la Suisse d'une exemption des mesures de protection prévues par l'Union européenne sur les métaux, en particulier l'acier et les alliages de fer.
Le Secrétariat d'État à l'économie (SECO) a confirmé que la réunion extraordinaire du Comité mixte de l'accord de libre-échange entre la Suisse et l'UE a eu lieu à la demande de la Suisse à Bruxelles. Les discussions ont porté sur l'impact de ces mesures de sauvegarde de l'UE.
Données clés sur les exportations d'acier
- En 2024, la Suisse a exporté environ 500 000 tonnes d'acier vers l'UE.
- Ce volume représentait une valeur d'environ 700 millions de francs suisses.
L'UE justifie les mesures protectionnistes
La Commission européenne déclare que ses mesures commerciales sont nécessaires pour protéger l'industrie sidérurgique de l'UE de la surcapacité mondiale. Les mesures proposées comprennent une réduction de 50 % des quotas d'importation existants des pays tiers. Elles introduisent également des tarifs plus élevés pour les importations dépassant ces nouveaux quotas réduits.
Cette proposition a été présentée au Parlement européen et au Conseil des États membres en octobre 2025. Elle devrait entrer en vigueur d'ici le 30 juin 2026, remplaçant les mesures actuelles. La Suisse soutient que ces changements ne devraient pas s'appliquer à ses exportations.
Arguments de Berne en faveur de l'exemption
La Suisse a demandé à plusieurs reprises une exemption. Le SECO souligne que sa production d'acier ne contribue pas à la surcapacité mondiale. En outre, il insiste sur l'importance des chaînes d'approvisionnement régionales établies, qui sont cruciales pour l'économie industrielle européenne.
Ces chaînes d'approvisionnement sont souvent profondément intégrées, faisant de l'acier suisse un composant vital pour de nombreuses industries de l'UE. Les perturber pourrait avoir des conséquences négatives imprévues pour les deux parties.
« La non-restriction des chaînes d'approvisionnement régionales établies est d'une importance décisive pour l'économie industrielle européenne. »
Plaider pour un statut égal à celui des États de l'EEE
Bruxelles prévoit actuellement d'accorder des exceptions aux pays de l'Espace économique européen (EEE), y compris la Norvège, l'Islande et le Liechtenstein. La Suisse milite activement pour un traitement égal à celui de ces États de l'EEE.
La semaine dernière, le Conseil fédéral a tenu des réunions bilatérales avec des membres de la Commission lors du Forum économique mondial (WEF) à Davos, plaidant pour cette parité. Une délégation suisse s'est également rendue à Bruxelles deux semaines auparavant pour rencontrer des parlementaires de l'UE, où les mesures de sauvegarde prévues étaient un sujet central de discussion.
Contexte du commerce UE-Suisse
La relation entre la Suisse et l'UE est régie par une série d'accords bilatéraux, faisant du libre-échange une pierre angulaire de leurs liens économiques. Ces discussions sur les tarifs de l'acier font partie d'un dialogue plus large et continu sur le maintien de relations commerciales fluides au milieu de l'évolution des politiques économiques mondiales.
Les efforts se heurtent à la résistance
Malgré les efforts persistants de Berne, l'effet désiré ne s'est pas encore matérialisé. La Commission européenne, le Conseil des États membres et la commission compétente du Parlement européen estiment que la Suisse ne devrait pas bénéficier d'une exception.
L'UE n'a pas encore pris de décision finale à ce sujet. Pour que la proposition de la Commission devienne loi, un accord est nécessaire des deux organes législatifs : le Parlement et le Conseil. Cette décision est attendue au printemps.
Négocier les futurs quotas
Les nouvelles mesures devraient inclure des quotas, mais de moitié leur taille actuelle. Le commissaire européen au commerce, Maros Sefcovic, a déclaré en octobre dernier que l'objectif était d'engager des discussions avec des « partenaires économiques partageant les mêmes idées ». Il a souligné le désir de la Commission d'être « juste » avec ses partenaires de libre-échange.
La Suisse espère obtenir les mêmes quotas dont elle bénéficie actuellement. Des sources à Bruxelles indiquent que les pays ayant des accords de libre-échange recevront une « considération spéciale » pendant les négociations. Cependant, des discussions concrètes sur ce point précis ne sont pas encore en cours.
Mesures existantes et préoccupations plus larges
L'UE a déjà mis en œuvre des mesures de sauvegarde sur les alliages de fer à la mi-novembre 2025. Ces mesures affectent les importations de tous les pays non membres de l'UE, à l'exception de l'Ukraine et de certains pays en développement. La Suisse avait également insisté sur des exemptions ici, citant ses liens bilatéraux étroits et son interdépendance économique significative.
La Suisse a également exprimé son inquiétude concernant d'éventuelles restrictions à l'exportation de ferraille d'aluminium par l'UE. Le SECO a précisé que ces mesures de sauvegarde de l'UE font partie du cadre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et de l'accord de libre-échange Suisse-UE, distinctes des négociations plus larges du paquet Suisse-UE.
La Commission européenne n'a pas répondu aux demandes de renseignements concernant ces développements.




