Deux ouvriers du bâtiment, initialement accusés d'avoir causé par négligence un incendie majeur sur le site du Bernapark à Deisswil en juillet 2019, ont été acquittés par un tribunal régional bernois. L'incendie, qui a causé des millions de dégâts et des panaches de fumée visibles dans toute la région, a pris naissance lors de travaux d'étanchéité de toiture impliquant des flammes nues.
Points clés à retenir
- Deux ouvriers du bâtiment ont été accusés de l'incendie du Bernapark en 2019.
- Le tribunal a acquitté le chef de projet et le contremaître.
- L'entrepreneur général a spécifié l'utilisation de feuilles de bitume, et non les ouvriers du bâtiment.
- Des méthodes d'étanchéité alternatives, sans flamme, étaient disponibles mais n'ont pas été choisies par l'entrepreneur général.
- L'incendie a causé des millions de dégâts et retardé le projet de plusieurs mois.
Le dévastateur incendie du Bernapark
Le 18 juillet 2019, un incendie important s'est déclaré sur l'ancien site de l'usine de carton à Deisswil, désormais connu sous le nom de Bernapark. D'épais nuages de fumée se sont élevés haut dans le ciel, visibles de loin. Les services d'urgence ont travaillé pendant des heures pour maîtriser les flammes.
Aucune personne n'a été blessée lors de l'incident. Cependant, les dommages financiers se sont élevés à des millions de francs suisses. L'incendie de grande ampleur a également retardé l'ensemble du projet de développement de plusieurs mois, selon l'investisseur Hans-Ulrich Müller à l'époque.
Fait sur l'incendie
L'incendie du Bernapark en 2019 a causé des dommages estimés à des millions de francs suisses et a retardé le projet de construction de plusieurs mois.
Procès et accusations
Les procédures judiciaires concernant l'incendie se sont récemment conclues. Un chef de projet et un contremaître d'une entreprise de construction bernoise ont été accusés d'avoir causé par négligence un incendie. L'accusation a soutenu que les flammes nues d'un appareil de soudage utilisé pour sceller des feuilles de bitume sur le toit en bois avaient déclenché l'incendie.
Le chef de projet, un homme de 37 ans, a témoigné devant le tribunal. Il a expliqué les détails techniques calmement, mais l'émotion a refait surface en évoquant le jour de l'incendie. Il a décrit être en état de choc après l'incident. Bien qu'il soit resté au sein de la même entreprise de construction, il a volontairement démissionné de son rôle de chef de projet en raison du coût émotionnel des événements.
« J'étais en état de choc », a déclaré le chef de projet lors de son témoignage, en repensant au jour de l'incendie.
Le rôle des feuilles de bitume
Un point central de la controverse lors du procès a été le choix du matériau de toiture. L'accusation a souligné le risque d'incendie important associé à l'utilisation de flammes nues sur une structure de toit en bois. Elle a suggéré que des alternatives plus sûres et sans flamme, telles que des feuilles de plastique, étaient disponibles et recommandées par des experts.
Contexte du Bernapark
Le site du Bernapark, autrefois une usine de carton, est désormais un développement à usage mixte. Il comprend environ 200 appartements et des espaces commerciaux. Des parties des bâtiments d'usine d'origine ont été réaffectées, notamment pour servir de salles de classe à une école de design.
Le procureur, Gregor Bürki, a soutenu que l'incendie aurait pu être évité avec une quasi-certitude si une méthode sans flamme avait été choisie. Il a également suggéré que les travailleurs auraient dû être plus prudents en scellant les interstices du toit, où des copeaux de bois auraient pu alimenter les flammes.
L'accusation a requis des peines pécuniaires avec sursis pour les deux hommes : 70 jours-amende à 130 francs suisses pour le chef de projet et 40 jours-amende à 120 francs suisses pour le contremaître, chacun avec un délai d'épreuve de deux ans.
La défense et l'acquittement
L'avocate de la défense, Alexia Sidiropoulos, a plaidé pour un acquittement complet des deux ouvriers du bâtiment. Elle a souligné que la décision d'utiliser des feuilles de bitume n'avait pas été prise par les accusés. L'entreprise de toiture avait proposé une méthode alternative impliquant des feuilles de plastique, mais l'entrepreneur général, qui avait la responsabilité globale du chantier, a rejeté cette option.
Le tribunal a finalement donné raison à la défense. La juge présidente a reconnu que les actions des travailleurs avaient causé l'incendie. Cependant, elle a estimé qu'ils n'avaient pas manqué à leur devoir de diligence. La correspondance électronique et les contrats présentés comme preuves ont montré que l'entrepreneur général avait spécifié l'utilisation de feuilles de bitume.
- L'entrepreneur général a imposé l'utilisation de feuilles de bitume.
- L'entreprise de toiture avait proposé des feuilles de plastique plus sûres.
- Les copeaux de bois dans les interstices du toit étaient la responsabilité des charpentiers, et non des couvreurs.
De plus, la juge a déterminé que l'enlèvement des copeaux de bois des interstices de la structure du toit relevait de la responsabilité des charpentiers, et non des couvreurs. Sur la base de ces constatations, le tribunal a entièrement acquitté les deux ouvriers du bâtiment. Le verdict n'est pas encore juridiquement contraignant et peut faire l'objet d'un appel devant la cour supérieure.
Impact à long terme sur le site
Malgré l'incendie et les retards qui en ont résulté, le projet Bernapark a progressé. Aujourd'hui, le site intègre avec succès des unités résidentielles et commerciales, démontrant une résilience face aux défis imprévus. L'incident rappelle les responsabilités complexes impliquées dans les projets de construction à grande échelle.




