Un changement significatif est en cours au sein du parti Le Centre en Suisse concernant l'énergie nucléaire. Autrefois partisan d'une sortie progressive du nucléaire sans date d'arrêt fixe, la position du parti sur les nouvelles centrales nucléaires fait désormais l'objet d'une réévaluation notable. Ce changement a surpris beaucoup de monde, surtout compte tenu de la position historique du parti.
Points Clés
- Les représentants du Centre au Conseil des États ont voté en faveur de nouvelles centrales nucléaires, marquant un revirement par rapport à la politique passée.
- Les membres du Centre bernois se montrent sceptiques, de nombreux candidats s'opposant aux nouvelles installations nucléaires.
- Des craintes existent qu'un regain d'intérêt pour l'énergie nucléaire puisse freiner le développement des énergies renouvelables.
Le virage inattendu au Conseil des États
Le 19 janvier, les représentants du Centre au sein de la commission préliminaire du Conseil des États ont voté en faveur de nouvelles centrales nucléaires. Cette décision représente une nette déviation par rapport à la position antérieure du parti, qui avait spécifiquement exclu la construction de nouvelles installations.
Cette décision a attiré l'attention, en particulier des médias qui ont souligné comment les collègues du Centre remettent en question l'héritage de l'ancienne Conseillère fédérale Doris Leuthard, qui avait plaidé pour une sortie modérée du nucléaire.
Fait Important
Le Centre est issu de la fusion du Parti Démocrate-Chrétien (PDC) et du Parti Bourgeois-Démocratique (PBD). Le PBD avait auparavant défendu la sortie du nucléaire comme une réalisation clé.
Réaction et scepticisme bernois
Le changement au Conseil des États a rencontré un scepticisme considérable au sein de la section bernoise du Centre. Le Conseiller national Reto Nause, ancien directeur de l'énergie pour la ville de Berne, a exprimé sa surprise face à cette décision.
Nause, qui a activement soutenu l'initiative nationale de sortie du nucléaire en 2016, reste prudent. Il prévoit d'écouter les arguments de ses collègues du Conseil des États, mais souligne plusieurs défis pour les nouvelles centrales nucléaires. « Je ne vois ni investisseur ni processus politique qui mènerait probablement à une nouvelle centrale nucléaire », a déclaré Nause. Il a également noté qu'une percée technologique pour une énergie nucléaire plus sûre et plus économique n'est « pas encore en vue ».
« Si les organisations environnementales bloquent les installations solaires alpines et hydroélectriques les unes après les autres, alors la sécurité de l'approvisionnement en électricité devient difficile. » - Reto Nause, Conseiller national
En 2024, Nause a soulevé des questions critiques au Conseil national concernant la sécurité d'un nouveau réacteur expérimental prévu à Villigen AG. Il a également souligné l'importance des projets hydroélectriques comme Grimsel et Trift pour le canton de Berne, avertissant qu'un nouveau débat nucléaire pourrait retarder ces investissements cruciaux.
Timing et impact électoral
Le moment de ce changement de politique est particulièrement délicat pour le parti cantonal bernois. Bien que la décision de la commission ait initialement reçu une attention médiatique limitée, le prochain vote du Conseil des États sur les nouvelles centrales nucléaires devrait susciter un intérêt public significatif. Ce vote coïncidera probablement avec la phase finale de la campagne électorale bernoise.
Contexte
L'opinion publique au sein de l'électorat du Centre semble divisée. Un récent sondage de Tamedia et '20 Minuten' a indiqué que 51 % des sympathisants du Centre à l'échelle nationale soutiennent les nouvelles centrales nucléaires, tandis que 48 % s'y opposent. Cependant, de nombreuses opinions ne sont pas fermement établies, montrant une forte proportion de réponses « plutôt oui » ou « plutôt non ».
Un autre sondage, commandé par l'industrie de l'électricité, a suggéré qu'une majorité des partisans du Centre sont contre les nouvelles installations nucléaires. Cela souligne la division interne à laquelle le parti est confronté.
Préoccupations pour les énergies renouvelables
André Roggli, coprésident du Centre bernois, a noté que le sujet de l'énergie nucléaire n'avait pas été discuté en interne depuis un certain temps. Il a admis que sa propre position s'était adoucie, passant de « véhémentement contre » à « plutôt contre » les nouvelles centrales nucléaires, comme indiqué sur le portail d'aide électorale Smartvote.
Roggli estime que la levée de l'interdiction de construire des centrales nucléaires est prématurée, citant le respect du vote public de 2017 sur la sortie du nucléaire. Il craint également que cela ne relègue l'expansion des énergies renouvelables au second plan, ce qu'il considère comme « complètement faux ».
- La direction du parti a fourni un document de position aux candidats pour Smartvote.
- Le document met l'accent sur les énergies renouvelables et la sécurité de l'approvisionnement comme priorités.
- Il stipule que plaider pour de nouvelles centrales nucléaires n'est « ni une tâche ni une priorité pour le canton de Berne ».
Les candidats bernois penchent contre le nouveau nucléaire
Le scepticisme à l'égard des nouvelles centrales nucléaires est évident dans les réponses Smartvote des candidats du Centre bernois. Bien que des positions pour et contre existent, les réponses « non » dominent. Cette tendance est particulièrement claire parmi les candidats sortants ayant de fortes chances de réélection.
Parmi les titulaires actuels, 8 candidats ont exprimé un « non » clair ou hésitant aux nouvelles centrales nucléaires, tandis que seulement 3 ont indiqué un « oui » clair ou hésitant.
Voix influentes pour le nucléaire
Malgré la tendance générale, deux figures éminentes du parti soutiennent les nouvelles technologies nucléaires. Peter Gerber, chef de groupe, a déclaré qu'il ne pouvait pas envisager une nouvelle centrale nucléaire traditionnelle à Mühleberg, mais qu'il était ouvert aux technologies nucléaires avancées. Il accueillerait favorablement un changement de politique de la part du Centre. « Avec la décision publique de 2017, nous nous sommes isolés du développement ; nous devrions reconsidérer cela en raison des problèmes d'approvisionnement », a déclaré Gerber.
L'ancien président du Grand Conseil, Francesco Rappa, a également favorisé les nouvelles centrales nucléaires sur Smartvote. Il considère sa position comme un « stimulant à la réflexion ». Rappa a exprimé sa frustration face aux organisations environnementales qui entravent les projets d'énergies renouvelables. Il a été un opposant vocal à l'initiative solaire cantonale du Parti Vert, arguant que ses efforts ont conduit à une contre-proposition qui a de meilleures chances auprès du public.
Forte opposition
Inversement, Jürg Rothenbühler, membre de la commission de l'énergie du Grand Conseil, s'oppose fermement aux nouvelles centrales nucléaires. « Si les gens protestent contre les éoliennes, quelle sera l'opposition aux centrales nucléaires ? » a-t-il interrogé. Rothenbühler a également souligné que l'énergie durable ne peut être atteinte tant que le problème de l'élimination des déchets reste non résolu. Bien qu'il ne soit pas contre la recherche nucléaire, il plaide pour une concentration accrue sur les énergies renouvelables prometteuses comme la géothermie.
Le débat au sein du Centre reflète une discussion nationale plus large sur la future stratégie énergétique de la Suisse. L'équilibre entre le maintien de la sécurité énergétique, l'expansion des énergies renouvelables et la réévaluation potentielle des options nucléaires reste un défi complexe pour les décideurs politiques.




